LA CAPACITE HERALDIQUE, CE DROIT MECONU DES BELGES
En Belgique, la capacité héraldique — c’est-à-dire le droit pour une personne physique, une famille ou une collectivité de porter, créer et transmettre des armoiries — est totalement libre et ouverte à tous les citoyens, qu'ils soient nobles ou roturiers. Contrairement à une idée reçue, le blason n'est pas un privilège exclusif de la noblesse, et tout citoyen peut se composer ou faire reconnaître ses propres armoiries.
Principes et Cadre Légal en Belgique
- Liberté d'adoption : L'adoption et le port d'un blason constituent un droit de propriété privée inhérent au nom de famille et rattaché à la personnalité, sans qu'il soit obligatoire de posséder un titre nobiliaire.
- Instances officielles d'enregistrement : Pour garantir l'exclusivité et la transmission légitime d'un blason familial ou personnel, les citoyens peuvent s'adresser à des structures institutionnelles selon leur région/communauté linguistique.
- Le Conseil d'Héraldique et de Vexillologie (CHV) : En Fédération Wallonie-Bruxelles, le Conseil d'Héraldique et de Vexillologie gère les demandes officielles d'enregistrement d'armoiries pour les personnes physiques et associations familiales.
- Le Vlaamse Heraldische Raad : En région flamande, c'est l'équivalent néerlandophone qui remplit cette mission d'avis et d'enregistrement.
- Protection juridique : Les frais et redevances d'enregistrement auprès de la Communauté française s'élèvent à un montant forfaitaire (actuellement fixés à 500 euros). La loi protège ensuite le requérant contre l'usurpation publique de ses armoiries enregistrées.
Par exemple, les JANSSENS-BERTRAND, famille belge de souche immémorable possède des armoiries, suite à l’intérêt porté par deux de ses membres pour l’héraldique locale et à la généalogie familiale.
Leurs armoiries
Rétroacte
Les JANSSENS-BERTRAND sont issus des familles souches de Langdorp den Savel hameau situé en son temps dans le Duché d’Aarschot et sont déjà repris dans les recensements de 1525 et 1575, respectivement sous Charles II de Croÿ (1522-1551), 2nd duc d'Aerschot, et Philippe III de Croÿ (1526-1595), 3e duc d'Aerschot. La présence de ses ancêtres est attestée non seulement par les dits recensements mais par divers actes. La famille semble liée à l’agriculture et au milieu de la meunerie, et à l’aube des registres paroissiaux certains de ces membres occupaient des fonctions notables pour l’époque : telles que Maître de hameau, Mambour et Echevin.
L’exercice de telles fonctions devait plus que probablement entraîner l’usage d’écus armoriés, toutefois, au stade présent de leurs recherches ils n’en ont pas actuellement trouvé à ce jour, ce qui ne signifie nullement que leur ascendance masculine n’en a jamais porté. Il faut savoir que bon nombre de documents se sont perdus ou ont été détruits avant qu’ils ne puissent faire les recherches nécessaires et que pour pouvoir prétendre porter des armes anciennes, il faut se rattacher en ligne masculine au titulaire de l'écu recensé et le prouver.
Les JANSSENS, autorisés à relever le nom du cartographe par adjonction et ainsi devenu, JANSSENS VAN DER MAELEN, présumés d’origine commune et pour le moins alliées avec leur famille, portaient d'argent à la fasce de gueules de trois trèfles de sinople, deux en chef et un en pointe, et qui bien que fortunés et illustres n’ont pu faire reconnaître leurs armes familiales. Retrouver et faire reconnaître des armes anciennes est particulièrement difficile et onéreux.
En ce qui les ancêtres des JANSSENS-BERTRAND, même si une piste aurait pu se dessiner vers l’usage de trèfles, qui suivant le Renesse, 1991, page 142, fut portés par des JANSSENS, il fallait raison garder et opter pour la réalisation d’armes nouvelles. C’est la voie qu’ils ont choisie !
Les armes familiales
Les nombreux engagements citoyens de Claude JANSSENS (https://www.janssens-aysavelmark.com/a-propos) l’incitèrent à utiliser un signe distinctif. Son choix se porta non sur un logo mais sur un équivalant beaucoup plus valorisant, par ses aspects culturels, le blason armorié qui peut-être privatif ou familial.
Les différentes esquisses l’ont conduit à des armes tirées à la fois de l’esthétique des armes du Danemark, de la rigueur de celles du Fonds monétaire international tout en soulignant le nom des JANSSENS par la symbolique.
Par sa signification christologique médiévale, c’est le lion qui convenait le mieux, en effet il évoque la racine latine du nom de famille Jans(sens), qui est Johannes (fils de Dieu), tandis que le rameau évoque la pérennité de la concorde familiale. L’émail du champ peut-être considéré comme un rappel de celui de la commune d'Aiseau dont les armes sont d'azur semé de lys d'argent, dont cinq complets.
"Dans les bestiaires médiévaux, il évoque (en parlant du lion), d'une manière assez banale, la force, le courage, la générosité, vertus auxquelles s'ajoutent une signification religieuse (Dieu le père) ou plus spécialement christologique, due à ce qu'il a le pouvoir prétendu de ressusciter de son souffle ses petits morts nés 49". Traité d'Héraldique, Michel Pastoureau, PICARD, 1979, page 136, 2 Les quadrupèdes, a) Le lion. La référence 49 du texte dito : "49. Voici par exemple ce que rapporte Hugues de Saint-Victor dans son De Bestiis : "Cum leaena parit, suos catulos mortuos parit, et ita custodit tribus diebus, donec veniens pater eorum in faciem eorum exhalet ut vivificentur. Sic omnipotens Pater Dominus nostrum Jesum Christum, filium suum, tertia die suscitavit a mortuis" (éd. J.-P. MIGNE, Patrologia latina, tome CLXXVII, livre II, chap. I, col. 57). – C'est l'assimilation du lion au Christ qui est la plus répandue dans les bestiaires romans. Philippe de Thaon, par exemple, écrit : "Le lion signifie/Le dilz saincte Marie/Roi est de toute gent/Sans nul redoutement" (Ed. E. WALBERG, Lund et Paris, 1900, vers 47-50".
L’écu des armoiries a été reconnu par l’Office Généalogique et Héraldique de Belgique en 1980 (confer recueil OGHB n° 50). Il a également fait l’objet d’un dépôt au Bureau Bénélux des Marques le 9.12.1983, sous le numéro 049067/02 06 1983, 11,00, et est repris au Carnet Mondain depuis 1995. Dès son entrée au Carnet Mondain, le rameau n’est plus identique à celui du Fonds Monétaire International et meut vers la dextre (côté gauche) de l’écu tandis que l’armorial de l’OGHB reprend cette modification confirmée à ce jour par la Commission Héraldique et de Vexillologie.
Le heaume
Si pour les francophones seul l’écu était reconnu, en Flandre, ce n’était pas le cas et tout enregistrement pouvait comprendre un heaume avec le bourrelet et les lambrequins. Louis et Claude JANSSENS entreprirent d’effectuer un choix de heaume qui se concrétisa en un heaume bourgeois de type germanique taré de face, au bourrelet et lambrequin aux couleurs de l’écu. Heaume qui sera changé pour respecter le cadre du Décret du 12 mai 2004 modifié le 30 avril 2009 et Arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 14 octobre 2010 portant exécution du décret ci-avant mentionné : enregistrement d’armoiries de personne physique ou d’association familiale en Communauté française. Accord de Madame la Ministre sur la proposition d’armoiries.
Sur proposition du Conseil Héraldique et de Vexillologie, et par décision du 12 mai 2014, Madame la Ministre de la Culture de la Communauté française de Belgique autorise l’enregistrement de leurs armoiries et de leur dévolution. Elles sont décrites comme suit : d’azur au lion passant, armé et lampassé de gueules, accompagné en pointe d’un rameau fruité d’olivier, le tout d’or.
L’écu surmonté d’un heaume d’argent grillé et colleté, doublé et attaché de gueules, aux bourrelet et lambrequins d’azur et d’or. Cimier : une fleur de lys d’or au pied patté chargée d’une quintefeuille de gueules. Devise : FOVENDI LABORIS ET AEQUITAS, en lettres d’or sur un listel d’azur.
Le heaume dans sa nouvelle version est toujours inspiré des heaumes de type bourgeois germanique mais posé de profil mais toujours avec l’écu attaché, ce qui est spécifique à la législation et aux coutumes héraldiques belges.
Le cimier
La fleur de lys d’or au pied patté (qui est Aarschot), chargé d’une quintefeuille de gueules (qui est Arenberg aux émaux inversés), est repris au blason de l’ancien Duché d’Aarschot, la quintefeuille (fleur de néflier) à celui de Langdorp (qui est Arenberg) mais avec les émaux inversés. La famille est, en effet, issue des familles souches de Langdorp (Savel), village de l’ancien Duché d’Aarschot, et apparaît déjà dans les recensements de 1525 et de 1575 comme signalé ci-avant.
La combinaison du lys au pied patté et de la quintefeuille a été enregistrée auprès de l’Office Généalogique et Héraldique de Belgique comme armes du « Banquet des Janssens-Bouvin » dont les Janssens-Bertrand sont les aînés de la quatrième branche (confer recueil OGHB n° 50). Ce cimier peut donc être porté sur les armoiries de tous les descendants masculins et féminins, porteur du nom ou pas, de Jozef (Josephus) ou Joseph Hubertus, fils de Jacques Adrien et de BOLLEN Maria Catherina, né à Bunsbeek, le 5 juillet 1859, décédé à Sint Margriete Houthem le 22 janvier 1931, et de BOUVIN Philippina (02X), née à Hoeleden le samedi 29 janvier 1859 et décédée à Sint Margriete Houthem le 18 février 1930.
La devise
Devise familiale retenue est « FOVENDI LABORIS ET AEQUITAS », c’est-à-dire : « en faveur du travail et de l’équité » ou « maintien du travail et de l’équité ».
Les brisures
Si la coutume des brisures n’est plus officiellement en usage en Belgique, on peut toujours utiliser cette faculté héraldique de manière officieuse à travers le cimier pour des raisons de clarté et de manière à pouvoir personnaliser les armoiries et identifier plus facilement le porteur, la première génération de porteurs comprenant déjà sept membres. Le lys du cimier sera combiné avec un symbole privatif voire abandonné. La brisure la plus simple est celle de Claude JANSSENS, un simple listel parti d’or et de gueules placé derrière le lys, et la plus intéressante est celle de Louis JANSSENS où est présent une aigle au naturel. Il faut savoir que selon Maurits Gysseling, le nom d’Aarschot, d’origine germanique, vient de arnu-, signifiant « aigle », et de skauta-, mot désignant une « langue de terre boisée faisant saillie en terrain d’inondation »[1] et, ainsi, Louis combine cette aigle et le lys du lignage.
Ordres et décorations
Les distinctions honorifiques officielles, c’est-à-dire octroyées par l’Etat ou par un autre état souverain avec l’accord du premier, peuvent apparaître dans les ornements extérieurs des armoiries. A l’exclusion des colliers, les croix et décorations se présente sous forme dite d’ordonnance. On veillera à ne pas surcharger les armoiries en limitant les distinctions honorifiques aux plus importantes ou aux plus significatives pour le porteur. Les décorations et insignes de cercles distinctifs en seront exclus.
En date du 10.10.2016, dans les locaux de l’Académie Royale de Belgique, Claude JANSSENS reçoit, de Madame le Ministre Alda Greoli, le diplôme d’armoiries des JANSSENS-BERTRAND
Armoiries des JANSSENS-BERTRAND
A.Gt 15-04-2015 M.B. 28-05-2015
D’azur au lion passant, armé et lampassé de gueules, accompagné en pointe d’un rameau fruité d’olivier, le tout d’or.
L’écu surmonté d’un heaume d’argent grillé et colleté, doublé et attaché de gueules, aux bourrelet et lambrequins d’azur et d’or. Cimier : une fleur de lys d’or au pied patté chargée d’une quintefeuille de gueules. Devise : FOVENDI LABORIS ET AEQUITAS, en lettres d’or sur un listel d’azur. : https://patrimoineculturel.cfwb.be/fr/inventaire-heraldique/detailheraldique/?tx_fwbheraldique_frt%5Bfiche%5D=122&tx_fwbheraldique_frt%5Baction%5D=show&tx_fwbheraldique_frt%5Bcontroller%5D=Fiche&cHash=c329a9bd050758dae1d1bb94e2fb92cf
Armoiries de JANSSENS Claude
Juge consulaire honoraire, Doyen d'honneur du Travail émérite des professions comptables et fiscales, Economiste d'entreprises (er), Auteur.
Les armoiries de l'intéressé sont développées sur la base de ses armoiries familiales : A.Gt 15-04-2015 M.B. 28-05-2015. Les ornements extérieurs de ses armoiries sont augmentées du collier de doyen d'honneur du Travail, d'une épitoge universitaire de licencié en sciences économiques appliquées et de la ceinture tricolore de magistrat. Sous l'écu est suspendue sa croix ordonnance de Commandeur de l'ordre de la couronne. Le cimier du heaume est brisé par un listel parti d'or et de gueules.
L’écu privatif de BERTRAND Charlotte
Ancienne employée, ancien directeur de société, administrateur (hre) de l’Unicef Basse-
Sambre et de l’OJA ASBL
Parti en 1 d'or à une rose de gueules, tigée et feuillée de sinople, en 2, d'azur, à trois couronnes antiques d'or l'une sur l'autre. L'écu suspendu par une couronne de gueules à un heaume de tournoi de type renaissance germanique tare de face aux bourrelet et lambrequins d'or et amarante. Cimier : La rose de l'écu issante de deux feuilles.
Armes privatives
Références des armes : OGHB : « Le Parchemin» » n° 263, p.345 FQ, Recueil OGHB n° 50 de 2003, Armorial AROGHB 2010 , Armorial de Namur, Bibliothèque Universitaire Moretus Plantin Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, p. 36.
L'or du champ dextre du parti évoque l'étymologie germanique du nom : Beraht-Rand = brillant bouclier, tandis que l'azur du champ senestre rappelle celui des armoiries d'Aiseau, la commune natale de la titulaire ; la rose et les couronnes évoquent l'une, le métier de l'aïeul, les autres, un sobriquet familial.
L’écu privatif de BARBERINI Samüel
Kiné cabinet tram & adjoint de direction, Président du bien-être animal, Acteur & photographe
D'or à un émanche de deux pièces d'azur mouvant du flanc dextre et touchant l'autre, la première chargée d'un lion léopardé, armé et lampassé de gueules, et la seconde d'un rameau d'olivier fruité, le tout du champ, et accompagnée d'une quintefeuille de gueules. L’écu surmonté d’un heaume d’argent grillé, colleté et liseré d'or, doublé et attaché de gueules, aux bourrelet et lambrequins d’azur et d’or. Cimier : une fleur de lys d’or au pied patté chargée d’une quintefeuille de gueules Description OGHB, d'or à une émanche de deux pièces d'azur mouvant de dextre et touchant l'autre, la première chargée d'un lion léopardé et la seconde d'un rameau d'olivier fruité, le tout du champ, et accompagnée d'une quintefeuille de gueules, description d’origine également citée comme telle dans l’Armorial de Namur.
L’écu est repris dans l’armorial de l’Association Royale Office Généalogique et Héraldique de Belgique (réf. Le Parchemin : 1992, p. 276. RH) et dans l’armorial de Namur réalisé par MM Adolphe PROUVEUR, Francis HOEBEKE et Paul SANGLAN, chercheurs bénévoles à la Bibliothèque Universitaire Moretus Plantin Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur.
Pour information, modèles de requête :
https://patrimoineculturel.cfwb.be/reconnaissances-subventions/armoiries-et-drapeaux/
Armoiries et drapeaux
Missions du secteur de l’Héraldique et de la Vexillologie
L’héraldique est la science des blasons, autrement dit l’ensemble des règles et coutumes qui permettent de définir comment les couleurs et les différents éléments qui sont représentés sur un écu doivent s’organiser les uns par rapport aux autres. Tout un art découle également de cet ensemble de règles qui encadre l’imagination de ceux qui souhaitent créer leur blason.
La vexillologie est la science des drapeaux. Elle définit les règles selon lesquelles les drapeaux peuvent être élaborés.
La sigillographie, qui est également une compétence du service, est la science des sceaux, qui authentifient des actes administratifs, notamment.
Le service a pour mission de conseiller, accompagner et encadrer ce que l’on appelle les demandeurs : les Villes et les communes ou les personnes physiques et association familiales.